Le jardin japonais est une représentation symbolique du monde, de l’âme humaine et de l’impermanence de la nature. L’un de ces charmes est qu’il possède plusieurs visages, selon l’heure et la saison. L’idée est de créer un idéal de la nature en miniature.
Très différent du jardin occidental, le jardin japonais repose sur une esthétique courbe et asymétrique. Le spectacle iconique des jardins japonais vous fait rêver ? Il suffit de respecter quelques règles pour en créer un chez vous à petite ou grande échelle. Voici quelques règles du plus simple pour les amateurs éclairés (que vous êtes) … au plus complexe pour les plus initiés.

La composition du jardin :
En japonais, « paysage » se dit « Sansui », mot composé des caractères signifiant « montagne » et « eau ». Ce sont ainsi des éléments que l’on retrouve nécessairement dans les jardins, même sous forme métaphorique.

Une place pour chaque chose. Dans le jardin japonais rien n’est laissé au hasard. Chaque pierre, chaque plante ont une place bien précise. Les rochers sont enterrés et ne sont pas posés au hasard. Leur orientation a une grande importance. La place du minéral est prépondérante dans les jardins japonais. À lui seul, il peut représenter la montagne, les lacs, les rivières… c’est lui qui structure l’espace.

Les 3 élements incontournables :

  • Minéral : galets et graviers composent une plage peignée au rateau pour simuler l’ondulation des flots. Quant aux pas japonais, ils créent un cheminement propice à la lenteur et la contemplation. Une lanterne en pierre permet également de marquer plus fortement l’esprit japonisant.
  • Aquatique : point focal de votre jardin, le point d’eau met en valeur l’ensemble de votre extérieur. En l’absence d’un bassin ou d’une mare, vous pouvez installer une fontaine bruyante ou « Shishi-odoshi ». Construite en bambou, elle crée des sons rassurants par le basculement rythmé de son mécanisme. Pas de dépense d’eau car le système fonctionne en circuit fermé.
  • Végétal : les essences Japonaises sont privilégiées. Bambous, Erables, Cerisiers, Azalées, Camélias, Andromède sans oublier l’indispensable Ginkgo Biloba. Vous avez un jardin d’ombre ? Le jardin japonais est idéal pour vous lancer. Et si ta taille en nuage vous tente, vous pouvez recycler un Juniperus fatigué ou un Houx crenelé pour le transformer en Niwaki. N’oubliez pas d’ajouter de la terre de bruyère à votre sol pour augmenter son acidité.

Pour les paysagistes, il y existe au moins six thèmes différents dont les plus connus sont le jardin Zen, Shinto ou Impérial. Le sujet détermine également la fonction du jardin : certains ne sont utilisés que pour méditer, d’autres sont utilisés pour faire des promenades. Vous pouvez créer un jardin japonais de manières différentes.

Plusieurs styles de jardins japonais :

  • Le jardin circulaire « kaiyû shiki » : structuré en promenade autour d’une pièce d’eau ponctuée de divers éléments tels qu’un tsukiyama (monticule), un pont permettant de gagner un îlot, un azumaya (abri en bois) et des rochers.
  • Le jardin minéral de style « Jôdo » dont les rochers constituent l’élément le plus particulier des jardins. Le Sakuteiki, livre de 1289 sur la conception esthétique des jardins sous l’ère Heian, conseille de ne pas se contenter de disposer les pierres en harmonie avec les autres éléments, mais de savoir les « écouter » pour les placer à l’endroit que celles-ci « désirent ».
  • Le jardin sec ou « karesansui » des temples zen qui prônent l’abstraction et l’épure conformément à la philosophie zen qui refuse le superflu. L’eau est absente mais suggérée par le sable ou les graviers (rivière sèche).

Le jardin japonais est le miroir de la nature et de la philosophie japonaises. Bien plus qu’un spectacle issu d’une recherche d’esthétique, c’est un univers unique, un refuge, une oasis au milieu du vacarme des grandes villes.

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